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  • Fabienne Zufferey-Corbaz

La Ferrari et la Deuche…


De ma véranda, je dispose d’une variété d’images.

D’un côté, le jardin, les arbres et la vue sur les montagnes et de l’autre, la rue du village et son animation.

Ce matin, au petit déjeuner, je vois lentement passer, une superbe Ferrari bleu foncé, dans toute sa brillance et sa ligne admirablement sculptée.

S’en suit, une modeste Citroën deux chevaux (2CW), communément appelée « Deuche… », bleu clair plutôt mat, dans toute sa simplicité et son âge avancé.

Ça m’a valu le bel éclat de rire que les contrastes nous offrent parfois !

Vous constaterez déjà qu’à ce stade d’observation, ma classification mentale s’est mise en route : « Superbe » et « modeste ».

Si je parie que mon appréciation est proche de celle de la majorité d’entre nous, je remarque que, simultanément, mon imagination elle aussi a pris le volant.

Dans la Ferrari, j’imagine un homme relativement jeune, vêtu d’un « costard » foncé, qui se dirige… et dirige son entreprise « boîte à soucis », lieu de prédilections des préoccupations et bouillonnement mental.

Je laisse à ce Monsieur son éventail de satisfactions que je ne saurais soustraire.

Puis, je fais un petit saut dans la 2CW. J’imagine également un homme relativement jeune, cette fois, vêtu d’un Tshirt et d’un bermuda.

Il se rend au bord du lac avec son matériel de pêche, l’esprit libre et déjà imprégné de la fraîcheur de l’eau.

Je laisse également à ce Monsieur sa part de contraintes que je ne saurais soustraire.

Retour de situation :

Lorsque j’étais enfant, j’ai appris que la voiture était une représentation de l’échelle sociale. La réussite se mesurait…à l’allure de la belle !

C’est dire que la Deuche…demeurait insignifiante, presque transparente. On ne se retournait pas sur son passage !

Quant à la Ferrari…dites-moi que vous ne l’avez même pas vue… ??

A l’heure des remises en question, je constate avoir renversé la vapeur…

La Deuche n’est-elle pas un luxe ? Et la Ferrari un chemin de croix ?

Il n’y a pas de réponse à donner bien sûr.

L’intérêt n’est ni dans la question ni dans la réponse mais dans la définition du bien-être, dans le choix de l’important.

Je constate avec délice, le changement progressif des attributs du bonheur.

Il était normal que mes parents se réjouissent de l’arrivée du confort matériel, des vacances, des plaisirs multiples et variés, eux qui avaient connu, le nécessaire et parfois moins.

Il est normal que nos jeunes revisitent ces acquis, les reconsidèrent, les refaçonnent à leur nouveau paradigme, eux qui souhaitent un autre nécessaire et même plus : leur propre vision de la réussite et leurs propres façons de la vivre.

Pour conclure, je quitte toute idée préconçue sur la représentation de nos bolides, parce qu’au final,

La Ferrari du pêcheur, c’est le TOP !

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