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  • Mayline Terrettaz

Avec douceur





À Gérard Zufferey qui nous a quitté le 25 juin 2017, à l'âge de 67 ans.

***

Il semblerait que dans le silence, tout s’entende.

Étonnement, c’est lorsque l’on tend l’oreille que l’on voit.

C’est dans l’invisible que l’on touche.

C’est même dans ce que nous appelons la mort, que réside la vie.

Il semblerait que tout soit connecté, relié.

Et je suis certaine, Gérard, que c’est à cet endroit bien précis que tu te trouves.

Là où tu effleures de tes doigts l’eau de nos rivières.

Dans les étendues de nos campagnes, au sommet de nos montagnes.

Je t’y vois, je t’entends presque.

Au-dessus de toi, un ciel beaucoup plus haut que le nôtre.

Un monde plus vaste, un soleil plus chaud.

Je t’imagine au cœur de la création, plus proche des étoiles.

Et je suis certaine que tu t’y sens chez toi.


Avec un regard bienveillant sur notre terre d’accueil, qui doit te paraitre toute petite en fin de compte. Mais juste assez grande pour y voir sa beauté et oublier ses tourments.


Peut être portes-tu un regard reconnaissant sur notre monde parce qu’il a su transformer qqch en toi et de ce fait, transformer qqch en nous tous.

La traversée de notre monde ce n’est pas rien. C’est là que réside le voyage.

C’est là que naît notre envie d’exploration. Notre envie du toujours, plus beau, plus loin.

Cette traversée n’est pas écrite et elle n’est simple pour personne, mais c’est la nôtre.

Et nous y laissons nos empreintes.

Bien sûr, ici nous continuerons à vivre.

Nous vieillirons dans nos maisons. Nos enfants grandiront, même nos villes grandiront.

Nous nous accomplirons forcément qu’importe le temps, la manière.

Nous aimerons profondément, nous pleurerons profondément.


Et dans le doute, nous lèverons les yeux au ciel, pour nous souvenir.

Parce que le souvenir est en toi, en eux. Tout ceux qui ont déjà traversé notre monde et qui nous rappellent que tout y prend son sens…

Que nous sommes fait pour explorer…Que nous sommes fait pour Nous explorer.

Que ce que nous percevons d’injuste, n’est que justesse.

Que ce qui nous semble insurmontable, n’est que passage.

Qu’il n’existe aucune ombres sans lumière.

J’aimerais ressentir la certitude que tu possèdes aujourd’hui.

J’aimerais ressentir ta liberté. Voir ce que tu vois.

Puisse-tu nous la transmettre. Puisses-tu nous offrir juste une parcelle de ce que nous peinons à percevoir.

Ainsi nous réconforter TOUS dans notre monde, dans nos places, dans nos choix.

Bien sur, tu le feras. Comme d’autres l’ont fait avant toi.

Et c’est en toi, en vous, que nous retrouvons notre véritable Chez Nous.

Alors continue d’explorer, brille parmi les astres.

Poursuis la quête que nous avons tous commencée.

Mais pour aujourd’hui reprends ton souffle, redevient le vent et l’oiseau du printemps.


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