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  • Fabienne Zufferey-Corbaz

Une méprenante séduction

Le printemps annonce son arrivée en s’invitant au-dedans, autant qu’au-dehors.

L’horloge des saisons anime simultanément la nature, et nous ses hôtes.

Je ne sais pas si les bourgeons connaissent le sentiment de réjouissance, mais il s’est imposé à moi d’une manière séduisante, à s’y méprendre.

Sur le web, les cookies nous arrosent de suggestions dont on se passerait bien, sauf que ce jour-là, mes yeux se sont arrêtés sur une attrayante mode féminine.

Le printemps réveille la coquetterie des dames, sans doute inspirées de la parure des fleurs. Après tout, nous sommes de même nature.

Les images étaient parfaites, le choix facile, ma garde-robe allait rajeunir en un clic!

Le prix, aussi attractif que l’allure des vêtements, m’encourageait à une consommation sans retenue. Au fil des étapes, des frais s’ajoutaient, rien de grave, le soleil brillait toujours.


Facilité, rapidité, une envie satisfaite en un rien de temps, un critère de réussite très actuel!


Trois semaines s’étaient écoulées jusqu’à ce petit détail: les frais d’acheminement de mes affaires n’avaient pas couvert le dédouanement…je suppose. Une bonne rallonge m’a permis de retirer mes articles auprès d’une poste de proximité.


Et c’est enfin que ma culpabilité a fait surface!

Je me suis sentie comme une enfant en faute devant son professeur dont l’ enseignement s’était égaré dans l’insouciance de mon inattention.


Défilent alors dans mon esprit, les maillons d’une lourde chaîne d’approvisionnement qui au final, épuisent le sens des valeurs et le respect de la planète.


Équité, écologie, économie, éthique, des termes dont il ne restait que l’habit, la surface.


Tout ça, je le savais.

Il a fallu cette parenthèse de facilité, d’attirance, de distraction, pour que mon plaisir ne se voie que lui-même.


Je ne m’en veux plus, j’ai reçu le juste résultat, la monnaie de ma pièce, des fringues immettables. Autant que l’échec soit total, grand format, suffisamment clair pour que la leçon soit retenue.


Cette histoire est d’une grande banalité, comme toutes celles qui effleurent à peine nos méninges. On ne fait rien de mal, rien de bien non plus. On suit la cadence en toute bonne foi, celle que produit le déni.


Il est difficile de se rendre responsable de ce que nous réprouvons, et pourtant….

À deux pas de chez moi, des boutiques de « prêt à porter » offrent leurs opulentes penderies à qui n’en a souvent pas besoin.

À deux pas de chez moi, rien ne manque, le « trop » s’y est même installé.

Le renouveau jusque dans mes armoires est une manière de prendre soin de moi ou plutôt de ma personne, ce qui est bien différent.

Prendre soin de moi serait une meilleure réflexion sur ce qu’à l’avenir, j’aimerais servir.

Prendre soin de l’ensemble serait de reconsidérer mes actions, de les savoir alignées avec les valeurs que je soutiens, si simples soient-elles.


Avec attention.

















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