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  • Fabienne Zufferey-Corbaz

Je savais que le Père-Noël existait


Je savais que nous fêtions la naissance de Jésus,

Je savais que nous allions recevoir des cadeaux,

Je savais que le Père Noël existait !


C’était le plus grand jour de l’année et il me semblait, du haut de mes six ans, qu’il arrivait

tous les dix ans.


Je ne suis pas issue d’une famille idéale, j’ai grandi dans une vraie famille.

Les soucis, les querelles parcouraient les saisons, tout comme nos joies et nos rires.

Noël demeurait intact. Ce jour-là, les lumières, les chants de ma grand-mère, la poésie de ma maman, la robe rouge et blanche de mon papa, suffisaient à bannir tous les tracas.

Je savais que le Père Noël existait !


Au fil des ans, Noël est arrivé chaque année.

Tout allait plus vite, tout devenait plus grand, tout parlait plus fort.

La brillance des sapins, l’avalanche des cadeaux, le casse-tête d’un repas savoureux, nos maisons savamment décorées, les étoiles dans les yeux des enfants...j’ai tant aimé tout cela !


Au fil du temps, le petit Jésus s’est fait encore plus petit.

Le froid de l’étable devenait imperceptible à la chaleur de nos intérieurs.

Bougies et nappages étincelaient si fort que nos mémoires ne percevaient plus l’Histoire.

Les habitudes ont pris leurs aises. Nous les avons suivies avec plaisir ou avec appréhension.


Tout est bien. Noël a continué de vivre dans la rencontre, le partage, la générosité, l’enthousiasme… un message de fraternité.

Tout là-bas, dans un pays lointain, ou sur le même palier, nous pensions à peine qu’existaient la solitude, l’excès, le manque, toute forme de misère…un message d’absence d’humanité.


Et voilà que ce Noël pourrait bien se démasquer et nous proposer d’autres libertés.


La plus belle d’entre elles, celle du cœur. Celle qui décide de quel état d’esprit nous allons nous accompagner, et qui oriente notre regard sur nos possibilités plutôt que sur le renoncement.

Il suffit qu’un élément nous prive de nos faits et gestes, pour que nos repères s’en trouvent ballotés. La constance sur laquelle on s’appuyait devient moins sûre. Un peu comme si elle portait des chaussures trop petites.


Or, dans sa magie, la botte du Père Noël ne rétrécit jamais.

Elle garantit le pont entre les cœurs. Elle livre sans relâche nos messages d’amour et d’amitié.


Et si, malgré notre bonne volonté, la tristesse se faisait l’invitée clandestine, elle ne se déroberait pas de son rôle ; celui d’alléger les lourdeurs. La tristesse, c’est la cheminée de nos maisons. En dissipant la fumée, elle nous rend notre espace de clarté.


Je sais que le Père Noël existe !

Il détient dans son sac le cadeau le plus précieux,


Notre Humanité


Chaleureux Noël à vous tous !



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