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  • Fabienne Zufferey-Corbaz

J’ai répondu « oui »

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Ce n’est que lorsque l’évènement s’est produit que j’ai saisi à quoi j’avais répondu « oui ».


Une question, c’est quelques mots qui se succèdent et qui touchent du doigt le point d’interrogation.

La réponse d’un « oui », c’est une image, une représentation, comme les gabarits d’une maison qui laisseraient deviner son contour, en imaginant même la vie qui s’y déroulera.

Le « oui », c’est un accord avec l’inconnu.

Même le mot « engagement » est prétentieux. L’intention et le désir sont plus raisonnables parce qu’ils échappent à la forme, au défini. Ils s’apparentent à un terrain en friche, prêt à devenir…

J’ai répondu « oui » à la proposition de partager mes écrits en public.

En réalité, je ne suis pas certaine d’avoir donné moi-même ma réponse.

C’est une sensation qui a pris les devants. Elle m’a précédée comme un serviteur qui ouvrirait la porte à son hôte.

J’ai réfléchi avant d’entrer, alors que ma pièce était déjà réservée.

« Entrez »! Je suis entrée…

Au fil des semaines et des jours qui me conduisaient à l’évènement, j’ai parcouru tous les états d’âme. La peur tentait de s’infiltrer, alors que dans ce même temps, le « oui » résonnait d’une voix claire. Elle était juste, je l’entendais jusqu’à la rejoindre.


Je pensais naturellement que l’exercice allait me demander de la concentration, une bonne diction, un certain savoir-faire, une bonne maîtrise, une absence de faille, un contrôle quelque peu menaçant. Dans l’apprentissage que j’étais d’accord de mener, une pression me côtoyait régulièrement. J’ai eu de la peine à la qualifier:

Saine ou encombrante? Réelle ou illusoire? Utile ou perturbante?


J’avais besoin d’aide et celle-ci, je l’ai demandée à mon ange gardien.

À la veille de ma présentation, un mal de tête s’est imposé, dont j’avais peine à penser qu’il était une réponse à ma demande.


Jusqu’au crépuscule il a occupé la première place, laissant derrière lui toutes mes préoccupations. Rien n’était plus important que la recherche du calme, du vide, du silence.

Cette tranquillité absolue m’a permis le détachement d’un aspect que je croyais essentiel: Réussir.


Le lendemain, jour de la représentation, ma tête avait retrouvé de l’espace.

Ainsi mon regard s’est porté sur bien autre chose que moi-même.

J’observais les organisateurs, les musiciens, les techniciens du son, de l’image, les bénévoles qui tous tiraient à la même corde.

L’essentiel se trouvait dans l’ensemble dont je faisais partie.

Chacun de nous tenait une pièce du puzzle dont le motif se jouerait grâce à la cohésion.


Enfin, le public que je connaissais majoritairement m’a fait l’honneur et l’amitié de s’annoncer présent. C’est lui qui a donné vie à cette création en l’accueillant.


Toute création n’a pas besoin d’être vue ou entendue pour exister, mais elle ne peut vibrer que lorsqu’elle est propagée puis réverbérée.

L’appréhension qui ne trouvait plus vraiment sa place n’a pu que s’incliner face à cet entourage dont le langage et l’attention reflétaient l’enthousiasme et la curiosité.

Il attendait, en toute réceptivité.

Dans cet instant, le message que je souhaitais diffuser l’avait emporté sur la notion de performance. Le cœur avait dépassé la tête. C'était gagné!


Notre curseur émotionnel nous indique à chaque instant qui tient la commande.

Quelle partie de nous-mêmes mettons-nous en jeu?

Une jolie question à se poser, lorsque l’on répond « oui ».

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