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  • Fabienne Zufferey-Corbaz

Cette chance-là

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Je pense à Maryline, une joyeuse thérapeute de l’âme, une amie.

Lorsque j’arrivais dans son adorable petit chalet pour y déposer mon grand souci, elle m’ouvrait ses bras en s’exclamant : « Quelle chance! »

Elle effleurait le stade de la sollicitude, parce que déjà, elle soupçonnait une guérison.


C’est ainsi que devant nos infusions parfumées, derrière la petite fenêtre qui s’ouvre sur le verger, elle prenait soin de moi en m’écoutant, en me lisant.

De son signe de tête approbateur, je savais qu’elle précédait mes paroles.

Elle n’était jamais inquiète Maryline, tout était mûr pour la prochaine étape.

Elle voyait dans ma difficulté une belle opportunité de prendre quelques marches.

Vous savez, celles que la vie nous propose avec une poussée dans le dos.

D’ailleurs, dans son chalet qui sentait bon l’accueil, une échelle reliait le rez-de-chaussée de la sous pente du toit. Avec Maryline, les pieds bien posés sur le sol, le breuvage réconfortant entre les mains, je m’appropriais le symbole de l’échelle.

Au terme d’un échange providentiel, je rentrais chez moi, reliée à l’instant présent qui s’abstient de tout commentaire. Dans la suspension du temps et des tourments, des choses se passent…


Il est fort possible qu’en cette période fissurée, les poussées dans le dos s’accélèrent et se multiplient. Elles bousculent notre lenteur, il est temps!


Aujourd’hui tout particulièrement, je relève avec intérêt tout ce qui se construit autour et au loin de moi, tout ce qui se déconstruit aussi.

Un Nouveau Monde s’ouvre silencieusement pendant que l’ancien se resserre dans l’agitation.


Chacun nettoie sa propre maison avant d’accueillir un nouvel hôte.

J’aime le mot « chacun », qui ne laisse personne en contrebas.

À mes proches et à moi-même, j’ose dire que la maturation perturbe le confort.

Elle prend le visage de l’inconnu, de l’inquiétude, du doute, de la douleur même, comme des messagers que le corps ou les circonstances de vie nous livreraient.


À d’autres, je perçois secrètement la probable occasion qui leur est offerte de prendre le large, eux aussi.

Ainsi, l’exercice épineux prend du sens. Il donne du courage, il ouvre une voie sur laquelle on se sent mieux outillés.


Là, se situe la chance que perçoit Maryline dont j’ai vite compris la réalité.


Toutefois, il est de certaines expériences si douloureuses, qu’elles ne sont plus de l’ordre de la réflexion. Elles ont dépassé notre entendement humain, traversé notre impuissance, laissant sur leur passage, un gouffre abyssal d’incompréhension.

De celles-ci je me tais, je me tourne vers leur étoile, et à l’intérieur de moi.


Dans l’Ancien Monde qui s’éteint dans le désordre, c’est un modèle erroné qui s’en va, une représentation qui se dessèche.

Conjointement, cette envie d’humanité qui nous réjouit, sait comment s’y prendre.

Elle a l’art de nous conduire au juste endroit, avec quelques poussées dans le dos.

On traite, on guérit et on brille !


À mon amie Maryline qui, de sa vision étendue, de sa joie constructive, a su transformer nos transpirations en libertés, je lui souhaite bon vent dans sa nouvelle conquête qu’est l’écriture, son autre manière de soigner.


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