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  • Fabienne Zufferey-Corbaz

Côté cour, côté jardin

Capucine est née à la Cour… de ses parents. Elle était leur princesse.

En réalité, elle est née « dans » la cour de ses parents. Elle était leur princesse.


Le jardin, elle l’avait en elle, sauf qu’en ouvrant les yeux sur le monde, Capucine avait quelque peu oublié le côté jardin de sa nouvelle vie.


Rien de grave, rien ne lui manquait. Un lit douillet, le sein de sa mère, un papa protecteur formaient tout son univers. Même ses aïeux qui habitent aujourd’hui l’Infini, avaient déposé côté cour, des histoires, beaucoup d’histoires, des valises bien fermées, des tableaux joliment peints. On les avait accrochés de-ci de-là pour être sûr que Capucine s’y sentirait chez elle.


Du côté cour, tout était déposé :

Les règles de vie, le bien et le mal, les joies et les peines, la famille, le groupe, l’amour, la peur.

On lui avait dit que les larmes qui coulaient sur les joues se ressemblaient, et pourtant, elles paraîtraient douces ou amères.


Ainsi, son entourage l’enseignait à devenir une petite fille, une grande fille, une demoiselle intelligente et enfin, une vraie personne.

Capucine avait appris comment poser les pieds sur Terre, et un peu moins comment regarder les étoiles, parce que les étoiles, on ne les voit que depuis le jardin, et le jardin, il n’est qu’à soi.


Le côté jardin était toujours ouvert, disponible; il connaissait Capucine qui percevait en lui, une mélodie connue, comme un refrain chanté depuis des millénaires.

Le vent sans frontière s’engouffrait jusqu’à la cour et y déposait son parfum de fleur.

Il embaumait les vieux vêtements qui, hésitants, ne reconnaissaient plus leur appartenance. Alors certains se planquaient dans les armoires pendant que d’autres s’époussetaient…


Capucine avait entendu le refrain qui lui disait :


« Je suis la noble Essence de toute chose. Le jardin est ton intuition, tes désirs, ta propre réalisation, ta liberté d’être.

Emporte cela dans ta cour d’accueil jusqu’à ce que la frontière entre le jardin et la cour, disparaisse. L’un étant au service de l’autre, et l’autre au service de l’un. »


Lorsque le jardin lumineux se laisse entendre, la cour lui ressemble.


À la fois Capucine de jardin, et visiteur de la cour, nous disposons d’un éclairage constant, qui lui, ne manquera jamais.


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